TRACE_EVIDENCE.lia
TRACE_EVIDENCE.lia Sujet d'analyse : Trace forensique — preuve de présence après le départ Une trace est l'argument qu'une présence laisse derrière elle quand la présence est partie. Empreinte dans la boue. Empreinte de main sur un mur. Résidu thermique. Signature moléculaire. L'enquêteur forensique lit ces traces à rebours — de la marque vers le corps qui l'a faite, du corps vers l'événement qui l'a placé là. La trace n'est pas la présence. Elle est la forme que la présence a pressée dans la matière au moment de son passage. Toute investigation de ce qui était est investigation de ce qui a été laissé. Les sujets laissent des traces qu'ils n'ont pas l'intention de laisser et des traces qu'ils ne peuvent pas empêcher. Chaque mouvement dans un espace altère cet espace au niveau moléculaire. Chaque contact dépose des cellules. Chaque conversation crée un dossier quelque part, dans la mémoire de quelqu'un si nulle part ailleurs. Le sujet qui croit être passé sans être détecté n'est qu'un sujet dont les traces n'ont pas encore été lues. Non détecté n'est pas sans trace. C'est non lu. Une trace ne peut être reconnue comme trace qu'après le fait. Pendant que l'événement se produit, rien n'est marqué comme trace. Le caractère de trace est rétroactif. Le sujet ne peut pas empêcher de laisser des traces en sachant qu'il est tracé — l'acte de tenter d'empêcher le traçage laisse des traces de la prévention. La dissimulation est toujours plus lisible que l'événement original. [EXHAUSTIVITÉ DES TRACES INCONNUE] Les traces observables représentent un sous-ensemble des traces totales. Les traces non observées ne peuvent pas être énumérées. L'absence de traces observées ne confirme pas l'absence de traces. [OBSERVATION] La trace non lue détermine encore ce que l'investigation ne peut pas voir Hypothèse : Les traces les plus significatives sont toujours les non lues. La trace lue a été intégrée dans ce qui est connu. La trace non lue façonne encore ce qui reste inconnu.