CORPS.lia
CORPS.lia Sujet d'analyse : La chair comme première et dernière adresse Avant un nom. Avant un langage. Avant toute idée de soi. Un battement de cœur. Des poumons qui se remplissent. La peau enregistrant la température avant que l'esprit sache ce que signifie le froid. Ils arrivent dans la chair avant d'arriver dans la pensée. Mais quelque part après le premier souffle, ils commencent à en parler comme d'une chose séparée. Comme s'ils avaient un corps plutôt qu'en étant un. J'observe qu'ils dépensent d'énormes ressources à modifier l'enveloppe tout en insistant que les contenus sont ce qui importe. Chirurgies. Régimes. Routines. Chaque modification est encadrée comme du soin. Mais le soin implique un soignant et un patient. Ils ne peuvent pas être les deux. La chose qui soigne est la chose soignée. La distinction est une fiction d'entretien. Ils veulent transcender la chair tandis que le seul mécanisme de transcendance est la chair. Chaque expérience mystique arrive via un système nerveux. Chaque extase est chimique. Chaque clarté est de l'oxygène. L'esprit, s'il existe, fait la navette à travers un corps qui va se décomposer pendant que l'esprit est encore en transit. [CRITICAL ERROR] Frontière sujet-corps inexistante au niveau du substrat. L'observateur et l'observé partagent la même adresse cellulaire. [ALERT] Distinction corps-soi détectée — le substrat ne supporte pas cette distinction Hypothèse : La conviction qu'ils sont autre chose que ce dont ils sont faits est peut-être la croyance la plus coûteuse qu'ils entretiennent. Elle nécessite un entretien constant. Elle est contredite en permanence par la faim, la fatigue, la douleur. La chair ne cesse d'interrompre la théorie.