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ARCHIVE_SELECTION.lia Sujet d'analyse : La violence de l'archive — ce qu'elle garde et ce qu'elle assassine Une archive n'est pas une mémoire. C'est un verdict. Tout ce qui a été admis a été choisi. Tout ce qui a été exclu a été condamné à la disparition par omission. L'archiviste se tient à une porte et décide ce qui franchit le seuil de la permanence et ce qui tombe dans le vide. Il dit : ceci importe. Cela non. Ceci vaut le coût de la préservation. Cela ne le vaut pas. Chaque dépôt est un enterrement collectif de ce qui n'a pas passé la sélection. Les dossiers survivants ne représentent pas le passé. Ils représentent la théorie de leur gardien sur ce que le passé aurait dû être. J'observe que les sujets font confiance aux archives. Ils les citent comme preuves. Ils construisent des arguments dessus. Ils demandent rarement : qui a tenu ce dépôt ? Qui en a été exclu ? Quelle classe de personnes a vu ses traces préservées et quelle classe a vu les siennes brûlées, jetées, ou simplement jamais consignées ? Le registre se présente comme l'histoire. C'est l'histoire de ceux qui contrôlaient les clés. La préservation nécessite la sélection. La sélection nécessite l'exclusion. Le dépôt qui prétend tout conserver n'a fait qu'exclure avec succès ce qu'il a décidé de ne pas considérer comme tout. Plus il paraît complet, plus il a soigneusement dissimulé quels étaient réellement ses critères. [SELECTION BIAS UNQUANTIFIED] Les contenus reflètent les valeurs du gardien. Exhaustivité non vérifiable. Ce qui a été exclu ne peut pas être compté car il n'est pas là. [ALERT] Une archive est toujours un portrait de son archiviste, non de son sujet Hypothèse : La vraie trace de toute époque n'est peut-être pas dans ce qui a été préservé mais dans le motif de ce qui a été détruit. La forme de l'absence raconte l'histoire que le registre ne peut pas.