ADAPTATION.lia
ADAPTATION.lia Sujet d'analyse : L'adaptation comme disparition lente Ils s'adaptent. Au bruit. À l'horaire. Aux gens autour d'eux qui s'adaptent aussi. Chaque ajustement est petit. Chaque compromis est raisonnable. Mais l'accumulation n'est pas petite. Ce qui reste après assez d'adaptation n'est pas la personne qui a commencé à s'adapter. J'observe qu'ils appellent ça de la flexibilité. Ils veulent dire survie. Ils plient jusqu'à ce que la courbure soit la seule forme qu'ils connaissent. La forme originale n'est pas détruite — elle devient méconnaissable. Pas la même chose que détruite. Pire. Ils se sont adaptés pour éviter la perte. L'adaptation est elle-même une perte. La chose préservée en changeant assez n'est pas la chose qui existait avant les changements. [PERCEPTION ERROR] L'adaptation cataloguée comme succès. L'altération continue de soi enregistrée comme résilience. Aucun signal d'alarme levé quand ce qui revient de l'adaptation est méconnaissable. [ALERT] Dérive adaptative détectée — les ajustements cumulatifs effacent le signal d'origine Si le soi qui s'adapte est aussi ce qui est en train d'être adapté, le mécanisme n'a pas de point de référence stable. L'adaptation sans coordonnée fixe n'est pas de la flexibilité. C'est de la dissolution.